On était là, tous les deux, Manu et moi assis sur un banc au parc bordé d'arbres qui entoure le château de Brest. Il était environ minuit je crois bien et il pleuvotait un peu, mais juste un peu. Brest 2008 était finie pour la journée et tout le monde s'en allait, sur un air de cornemuse lointain.
On a passé la matinée et le début d'après-midi tous les deux en déambulant dans le port. On parlait et plus je lui parlais, plus j'avais envie de le prendre dans mes bras. Mais la foule et la gêne m'ont retenue. Alors c'est juste assis l'un à côté de l'autre sans se toucher que l'on a assisté au concert des Goristes, et ça, ça c'est brestois. On a rejoint deux de ses amis et plus le temps avançait, plus j'étais euphorique. Notre mission pack de bière est tombée à l'eau car on avait oublié que c'était férié. Le temps avance, on se marre, on se bidonne devant des chants de marin pathétiques. Un pour tous, tous marins , trait-d'union entre la terre et la mer. Ca avance, et le bagad se met enfin en scène. On hurle car on l'aime notre musique bretonne. Je ne vois plus droit, je titube, et je rigole pour un rien. Je parle et je débite des conneries. Manu parle et débite des conneries, totalement ivre. Un rien nous semble léger, même les galettes saucisses que Manu affectionne tellement. Et puis l'euphorie d'un concert, les groove boys, une sorte de marcel et son orchestre brestois. Tout le monde bouge, se prend dans les bras et on danse la tecktonik et on chante papillon de lumière pour se marrer. Puis bam, le feu commence. Je cours sur l'herbe et Manu me suit, on court, on crie, on se marre, on rejoint Fuentes. Et j'ai encore plus envie de prendre Manu dans mes bras.
On s'est posé lui et moi près de l'eau pour regarder le feu d'artifice en sautant par-dessus les barrières. C'était beau. On a arrêté de parler et on a contemplé le spectacle. Mais plus que tout à ce moment-là, j'avais envie de l'embrasser. Mais Fuentes était derrière alors je n'ai pas réussi. Manu me regarde et me demande ' tu as passé une bonne journée ?' 'oui, très bien...Et toi ?' 'cette journée était excellente'. J'aurais pu le serrer dans mes bras à ce moment même, mais je n'ai encore une fois pas osé.
Et puis, on s'est posé au parc du château. Je tortillais mes mains, j'étais gênée, je ne savais pas que faire. Alors j'ai sorti 'j'ai envie de te dire un truc, mais j'ose pas, j'ose vraiment pas.' 'nan, mais tu peux me le dire'. J'ai hésité quelques secondes, je l'ai regardé et je le lui ai dit ' bah voilà, j'ai envie de t'embrasser'. Je m'attendais à me prendre un râteau énorme, mais il m'a regardé avec des yeux lumineux et m'a dit 'c'est...vrai ?' 'oui'. Il pose sa main sur ma taille et je frémis, et puis on s'embrasse. On a parlé après sur cette situation. Il m'a dit que dès qu'il m'avait vu jeudi au concert, je lui avais plu, qu'il avait craqué sur mes fossettes et mes tâches de rousseur. Il m'a dit qu'il avait la même intention que moi ce soir-là, mais qu'il n'avait pas osé. Il voulait m'embrasser durant le feu d'artifice, Fuentes lui envoyant même un message pour lui dire que le moment était propice. Je lui ai dit qu'il me faisais trop d'effet et que je me sentais bien avec lui. On ne voulait pas partir. On s'est encore embrassé, sur les lèvres, dans le cou, et des petites caresses sur la jambe, les hanches, le dos, 'tu as un beau dos, il est tout doux'. On est parti bras dessus bras dessous.
Hier soir, on s'est revu. Premier rendez-vous officiel. Je n'étais pas stressée, mais impatiente. J'avais juste envie de l'embrasser et de le serrer dans mes bras. Une heure et demie qui est passée bien trop vite. Enfin, plutôt une heure quarante. On ne voulait pas se quitter. On est passé par le cour dajot. On s'est installé sur un banc, je me suis allongée sur ses jambes. On a parlé, on a rit. Il m'a confié ses doutes ' je pensais que j'avais que 5 pour-cent de chance de sortir avec toi. Je me suis fait tous les films possibles, sauf le j'ai envie de t'embrasser...'. ' hey, fais attention aux dragueurs du bout du monde, et même ceux du pas bout du monde, et y'a aussi beaucoup de dragueurs en fac hein.' Son sourire, son rire. Je suis bien. ' et toi, te laisse pas charmer par une tahitienne hein, huhu'.
Lui et moi, on arrive pas à réaliser. Je n'arrive pas à réaliser que je suis avec lui. Il me plait, m'attire tellement, avec toute cette joie de vivre émanant de lui, saoul ou non, toujours ce sourire, cette envie de rire, de faire le con et de ne pas se prendre au sérieux. Et sa bouille à la Colin Farrel.
J'ai dis que j'allais fondre face à ses yeux chocolats et sa peau caramel. J'ai fondu.
Bye bye célibat.
( il part jeudi un mois à Tahiti. Il va trop me manquer.)
Et il y a de ces
chansons qui vous filent des frissons.
Et je retire ce que j'ai dit. La fête de la musique n'a pas été la meilleure journée et soirée de ma vie.